jeudi 3 janvier 2013

Nos besoins sont nos petits rêves quotidiens

"... nos besoins sont nos petits rêves quotidiens. Ce sont nos petites choses à faire, qui nous projettent à demain, à après-demain, dans le futur ; ces petits rien qu'on achètera la semaine prochaine et qui nous permettent de penser que la semaine prochaine, on sera encore vivants. [...]

Alors on étale ses achats. On programme les lieux où l'on va se rendre. On compare parfois. [...] On remplit les armoires lentement, les tiroirs un à un. On passe une vie à remplir une maison ; et quand elle est pleine, on casse les choses pour pouvoir les remplacer, pour avoir quelque chose à faire le lendemain. On va même jusqu'à casser son couple pour se projeter dans une autre histoire, un autre futur, une autre maison. 

Une autre vie à remplir."
G.Delacourt (La Liste de mes envies)


Le mal des hommes

"Il y a des malheurs si lourds qu'on est obligé de les laisser partir. On ne peut pas tout garder, tout retenir. Je tendais mes bras dans le noir ; je les ouvrais en espérant que maman vienne s'y blottir. Je priais pour que sa chaleur m'irradie ; que les ténèbres ne m'emportent pas. Mais les femmes sont toujours seules dans le mal des hommes."

G.Delacourt (La liste de mes envies)

La Liste de mes envies


Deux jours en 2013 et mon sommeil a disparu… Dans l’insomnie les nuits sont longues. Tout cela pourtant, sans motif apparent… 

Pour occuper ce temps perdu, je me suis attelé à la lecture du livre de Grégoire Delacourt, « La Liste de mes envies ». Seules trois ou quatre heures auront suffi pour engloutir les quelques deux cents pages du bouquin.

La première impression qui ressort de la lecture est la simplicité. Un livre sans flonflon, sans grands mots, sans recherche de style, ou de vocabulaire. Un livre où, pour une fois, on parle de gens comme nous, du commun des mortels. D’une personne sans grande histoire, sans grande intrigue, quelqu’un d’élémentaire, que l’on croise chaque jour dans la rue, au supermarché, ou à son bureau. Pas de parisianisme, de Newyorkais, de je ne sais quel endroit sous le soleil, ou de terres guerrières. Une histoire de provincial, d’individus que l’on pense sans profondeur, sans vérité. Ce genre d’êtres humains dont les écrivains ne parlent pas d’habitude, par peur de leurs banalités.

Pourtant, y est décrit une admirable philosophie de vie, expliquée de façon spontanée, comme si on discutait avec un journal intime. Une histoire qui parle du quotidien ordinaire, puis d’un évènement, convoité par la masse populaire, qui vient bouleverser une vie, ou plutôt, la renverser et faire resurgir du passé, du présent, et du futur, l’analyse d’une existence. La vie petite et normale, un gain à la loterie nationale, et, ce qui en découlerait pour cette personne et son entourage, plus ou moins proche. L'histoire d’un amour puissante et fragile. Une histoire d’envies et de vies. Une histoire simple et si complexe à la fois.

Ce livre n’obtiendra surement jamais le prix Goncourt, heureusement. Ce livre doit rester pour nous, les personnes du rien, les gens du quotidien. Il ne doit pas nous être volé, par la reconnaissance artificielle, afin de nous permettre de nous identifier à lui, et, de réfléchir avec lui. Tout comme l’auteur a pu l’imaginer dans son roman, avec cette idée simple : Commun chacun de nous, nous réagirions fasse à un tel évènement. Quel serait alors la liste de nos envies et le résultat sur nos vies. "Lorsque que l’on peut désormais s’offrir ce que l’on veut, n’y a t il pas beaucoup plus à perdre ?"

L'auteur
Né en 1960 à Valenciennes, Grégoire Delacourt est publicitaire. Très remarqué pour "L'Écrivain de la famille", son premier roman, on lui doit aussi de fameuses campagnes pour Coeur de Lion, EDF, Apple, Lutti.

Le livre
"La Liste de mes envies" Edition JCLattès par Grégoire Delacourt

Caïn

PS.: Merci Lapin et Marine pour cette decouverte
Mon conseil "Si par hasard" de J.B Destremau

jeudi 13 décembre 2012

Vettriano is beautiful














Jack Vettriano, de son vrai nom Jack Hoggan, 
(né le 17 novembre 1951 à Fife, Écosse) 
Peintre écossais

Ses premières toiles sont des copies de tableaux impressionnistes (dont Claude Monet). Vettriano devient célèbre en 1988 quand il expose deux toiles à l'exposition annuelle de la Royal Academy d'Écosse : ces deux toiles se vendent le premier jour et plusieurs galeries se proposent de vendre ses œuvres. Le succès contribue à casser son premier mariage et il déménage à Édimbourg, changeant son nom en Vettriano (nom de jeune fille de sa mère).

Suivent des expositions couronnées de succès à Édimbourg, Londres, Hong Kong, Johannesburg et New York. Ses peintures rappellent le genre film noir, avec des touches de romantisme et parfois d'érotisme.

Bien que son style soit jugé vulgaire et sans imagination par certains critiques d'art (...) c'est l'un des artistes les plus en vue sur le marché de l'Art : ses toiles atteignent régulièrement des prix énormes, mais on dit que les reproductions de ses œuvres lui rapportent encore plus. Selon The Guardian, il gagne 500 000 £ par an en royalties.L'Œuvre la plus célèbre et le plus vendue de Jack Vettriano est "The Singing Butler" vendu aux enchères pour un prix fabuleux de £ 744,500.00. Douze ans auparavant Vettriano avait pourtant été rejeté par l'exposition d'été de la Royal Academy...

En octobre 2005, on a découvert que certains personnages des peintures de Vettriano (dont The Singing Butler) étaient inspirés d'un manuel de référence pour artiste "The Illustrator's Figure Reference Manual". Cette révélation a quelque peu terni la réputation de Vettriano, bien qu'il n'ait jamais nié être autodidacte (il n'avait pas les moyens de rémunérer des modèles).

Aujourd'hui, Jack Vettriano, travaille dans son studio à Londres et à Kirkcaldy, en Écosse. L'intérêt du public pour l'art Vettriano grandi chaque jour un peu plus. De nombreux collectionneurs aiment ses peintures, avec parmi eux les noms de Jack Nicholson, Sir Alex Ferguson et Robbie Coltrane.

Représenté par la Galerie Portland à Londres de 1994 à 2007, il a désormais son propre site d'internet. En 2003, il a été fait Officier de l'Ordre de l'Empire britannique. Jack Vettriano est maintenant représenté exclusivement par Heartbreak Gallery à Londres.


Caïn

Sources: 
wikipedia.org / jackvettriano.com / www.vettriano-art.com / 
www.easyart.com/art-prints/artists/Jack-Vettriano-2247.html

vendredi 23 novembre 2012

Les Talibios


Vous avez avalé tous les pamphlets alarmistes récents. Vous passez des heures à polémiquer sur les forums. Et, en guise de récré, vous postez à votre famille et vos connaissances des vidéos d'abattoir ou des clips de chapons castrés à vif (à l'approche de Noël, ça fait toujours son petit effet).

Vous boycottez les supermarchés dealers de dioxine et de mercure et ne faites confiance qu'à vos propres circuits: supérettes bio old school, producteurs du Salon Alterna'bio, boutique d'alimentation vivante recommandée par votre naturopathe pour vous fournir en algues, kéfir et jus de blé kamut. 

Bien avant qu'on trouve du kombucha tout fait dans les supermarchés, vous aviez adopté un de ces "champignons de longue vie", et régaliez vos camarades de travail de délicieuses boissons lacto-fermentées.

Attention: vous n'avez rien d'un baba cool attardé (le repli communautaire en Ardèche, non merci) ni d'un activiste en chambre. Mais quand il le faut, vous payez de votre personne: on vous a vu au dernier raout végétarien, la Veggie Pride. Déguisé en petit pois, sous la banderole "Give peas a chance". 

Vous est donc un Talibio !

Selon l’étude d’une université Américaine, sur les comportements et jugements moraux, les mangeurs bio radicaux se croient pourvoyeurs d’une certaine supériorité morale. 

Après avoir questionné une soixantaine d’entre eux, l’étude constate que « les personnes adeptes du bio étaient beaucoup plus sévères dans leur jugement et beaucoup plus égoïstes que les autres ». La raison étant que ceux-ci « se donnent une sorte de licence morale car ils pensent avoir fait leur bonne action ». 

Preuve que les carottes même bio, ne rendent pas forcement aimable…


Recette fétiche du Talibio: 
Crackers maison à la spiruline et tagine de seitan, la viande végétale à base de protéines de blé. 

Petite faiblesse du Talibio: 
Lassé de dîner en tête à tête avec votre PC, vous vous êtes inscrit sur un site de green dating. 

Bête noire du Talibio: 
Monsanto et son Mon810 (maïs OGM autorisé par l'UE) est en tête de liste. 

Idole du Talibio: 
L'acteur Joaquin Phoenix et le musicien Moby, vegans hardcore et contributeurs du film choc Earthlings, sur la cruauté des hommes envers les animaux.



Sources:

GQ France N°57 Novembre 2012

http://www.lexpress.fr

mercredi 21 novembre 2012

Indices et notations


Tout va mal nous dit-on ! La France décline chaque jour un peu plus… Sa dette se creuse, les riches quittent le pays, les pauvres le sont de plus en plus, et les classes moyennes paient leur manque de force contestataire… Les partis politiques se déchirent les uns et les autres, successivement. Les gouvernements se succèdent à la tête du pays, élus par l’une ou l’autre de la moitié des votants, et  n’arrivent pas à redresser la barre. L’Europe perd peu à peu de sa splendeur post coloniale, et le vieux continent voit s'amenuiser son leadership. La vision du monde change, et nos modèles de sociétés, il faudra bien finir par se l’avouer un jour, disparaissent lentement, pour céder leurs places à des démocraties généralement moins solidaires. Nous ne sommes plus vraiment écoutés, voir même, pris en compte, et d’autres pays émergents prennent place aux commandes.

Depuis des décennies, lorsque l’on regarde une carte du monde, on y voit notamment l’Europe placée au centre de celle-ci. Ce choix arbitraire, qui répond en premier chef à une commodité de lecture, a aussi une perception politique du monde, qui peut sous-entendre que, les pays placés au centre, ont plus d’importance que les autres.  La planisphère de la nouvelle terre est centrée sur le méridien 150 Est, qui permet de recadrer l’Asie de l’Océanie plus au centre. Les pays émergents comme le Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud, Mexique ou l’Indonésie (BRIC, BRICM, BRICI) entre autres, sont désormais ceux qui font avancer notre monde et où le centre des attentions se situe. 

Mais quelle société se dessine à nous avec de tels pays. Une chine, où l’on travaille jusqu'à 14 heures par jour, où l’eau et l’air des villes sont massivement pollués. Un Brésil ou une Inde, qui révèlent des sociétés les plus inégalitaires du monde. Un Qatar, où la richesse dénigre avec une prétention démesurée la pauvreté…

On l’a encore vu hier avec la nouvelle décote de la France chez Moody's, les critères purement économiques des agences de notations décrètent l’Europe malade. Mais d’autres indices, plus ou moins utiles, existent pour déterminer, à l’aide de données différentes que celle de la finance, la santé des pays. Parmi eux, il existe par exemple l’IDH (Indice de Développement Humain) basé sur le Produit Intérieur Brut (total des richesses produites par un pays par an) mais aussi sur l’espérance de vie et le niveau de formations des individus ; ou encore l’IBM (Indice du Bonheur Mondial) qui évalue si les habitants d’un pays ont une vie collective heureuse. Ce dernier est basé sur quatre domaines : La paix et la sécurité, la liberté, la démocratie et les droits de l'homme, la qualité de la vie et l'intelligence, la communication et la culture. En observant l’ensemble des indices : PIB seul, IDH et IBM, on constate que la France ne va, à la fois, pas si mal et pas si bien… Avec un Produit Intérieur qui conserve la 5ème position mondiale sur 182 pays notés, on constate malgré cela un IDH et IBM en, respectivement, seulement 20ème et 11ème positions...
On peut aussi se rendre compte que de tous les pays dits « émergents », aucun ne rentrent dans les 20 premières places du classement (sauf bien évidemment, pour les PIB grandissant de certains, et pour la Corée du sud qui s’approche étonnamment par le bas des indices du bonheur et du développement…).

La comparaison de ces critères donne une image claire de ces nouveaux états qui, demain, domineront toujours plus notre monde, et la façon dont, si les choses ne s’améliorent pas, les écarts et inégalités entre les humains vont s’accroitre, pour laisser place à une toute autre planète. Une planète où la démocratie perdra son égalitarisme primordial. Une planète où la fracture des classes sociales sera encore plus nette, pour se parquer en deux grandes catégories, les riches et les pauvres. Une planète où le droit du travail, tiré par le bas et remontant d’un tel bas-fond, ne pourra pas retrouver son niveau actuel. Une planète où la culture, le loisir et le sport seront réservés à une élite. Une planète où la place de l’écologie sera reléguée au trois ou quatrième plans, nous faisant nous entériner dans l'anthropocène, période où l'influence de l'Homme sur le système terrestre est devenue prédominante. Une planète où la corruption, l’insécurité (le mot n’est pas tabou) et les conflits en tous genres, viendront creuser un peu plus les différences entre les humains.

On nous aura pourtant prévenus…

Quelques graphiques pour illustrer mes propos

"Cliquez sur les images pour les agrandir"


Caïn

Sources : www.wikipedia.fr  / www.globeco.fr / www.populationdata.net / Science et vie  N°277