samedi 6 mai 2017

Le regret eu été de n'avoir pas fait ce qui pu être fait...


L'inconfort actuel est sans doute lié à une trop grande jouissance du confort et la prétention des Français de jouir assurément de la République et de la Démocratie. 

Ce qui est fait est fait et si tout devait s'arrêter là demain, le mieux serait de ne pas avoir de regrets.

Le regret eu été de n'avoir pas fait ce qui pu être fait...
Caïn


mercredi 26 avril 2017

Revue de presses & Cartons rouges




A l'ONU, l’Arabie saoudite devient membre de la Commission de la condition… de la femme !  

La Commission de la condition de la femme des Nations unies (CSW), qui promeut le droit des femmes partout dans le monde, compte un nouveau membre : l'Arabie saoudite. Pays où est notamment appliquée la charia et où chaque Saoudienne dépend d'un tuteur masculin (père, frère, mari...) pour vivre, travailler, voyager...




Amnesty International dénonce la répression au Venezuela

Depuis début avril, l’opposition vénézuélienne multiplie les manifestations contre le président Nicolas Maduro, à Caracas et en province. La répression a provoqué la mort d’au moins 26 personnes, la plupart tuées par balles, attribuées aux « collectifs », des groupes paramilitaires partisans du régime. « Au Venezuela, la dissidence est interdite », dénonce Amnesty International, à l’occasion d’un rapport sur les détentions politiques arbitraires…




Être homosexuel en Tchétchénie veut dire la mort ou l'exil

Fin mars, une enquête du journal indépendant Novaïa Gazeta a révélé que les homosexuels sont la cible des autorités locales. Ces accusations sont d'autant plus prises au sérieux que les milices du président Ramzan Kadyrov sont accusées depuis des années d'exactions et d'enlèvements.

Selon le journal, les autorités ont arrêté plus de 100 homosexuels et incité leurs familles à les tuer pour "laver leur honneur", et au moins deux personnes ont été assassinées par leurs proches et une troisième est décédée d'actes de tortures.




Filteris ou l’échec cuisant du big data face aux sondages

L'entreprise Filteris s'est fait remarquer pendant la campagne présidentielle en publiant régulièrement ses mesures du « poids numérique » des candidats, qui plaçaient systématiquement François Fillon au second tour. Les données, relayées massivement par ses partisans, ont prouvé leurs limites face aux instituts de sondage, qui ne se sont pas privés de lui faire remarquer une fois les résultats connus...

lundi 24 avril 2017

Vers où marcher…



Hier soir, une page s’est tournée dans l’histoire politique française, les deux grands partis historiques, à savoir l’UMP et le PS ne se sont pas qualifiés pour le second tour des élections présidentielles. L’un réalise un score très en dessous de celui des dernières élections de 2012 et l’autre subit une effarante débâcle, jamais vue depuis bientôt 50 ans... Dans le quatuor de tête, on retrouve deux candidats se présentant sans parti, mais sous l’égide de mouvements créés pour ces élections.

Emmanuel Macron, le plus jeune candidat de l’histoire à accéder au second tour d’une élection présidentielle en France, prend la tête du scrutin avec un score, certes, modéré, eu égard aux précédents suffrages, mais totalement inédit pour un mouvement naissant et prônant une refonte de la vision des clivages politiques gauche/droite en place.

Jean-Luc Mélenchon, longtemps dans les rangs du PS et désormais à la tête de la France insoumise (donné il y a encore quelques mois en dessous des 10 % dans les sondages) a réalisé en fin de campagne une remontée inespérée en prenant la tête de l’idéologie de gauche sur les ruines d’un parti dominant déserté par ses pairs.

Dans ce second tour, et donc mathématiquement second parti de France, on retrouve le Front National aux extrêmes de la droite prônant le national-conservatisme, l’opposition à l'immigration et à la mondialisation, partisan des doctrines souverainistes, eurosceptiques et étatistes. En 2002, le père de l’actuelle présidente du parti avait déjà passé ce cap, en raison d’une division de la plupart des autres partis qui n’avaient alors pas su s’écouter. Cette année, la donne n’est plus vraiment la même, car, cette fois, c’est par adhésion que la fille, Marine, passe la première étape avec un score plus ou moins équivalent mais supérieur à ceux des autres partis en tête des suffrages.

Que faut-il tirer comme conclusions de ce premier tour ? Clairement, un rejet du système politique actuel avec des votes non plus contre, mais pour une fracture de l’état actuel des choses.

Depuis de nombreuses années, la France donne légitimité à un président avec grosso modo la moitié des voix des électeurs ; le gagnant, ne se distinguant, sauf scrutins exceptionnels, de l’autre que de quelques pourcents. Hier, sur 46 Millions d’inscrits sur les listes électorales et seulement 36,5 millions de votants, 8,5 ont donné leurs voix à M. Emmanuel MACRON, 7,6 à Mme Marine LE PEN, 7,1 à M. François FILLON et 7 à M. Jean-Luc MÉLENCHON.

Les chiffres, à l’instar, des pourcentages nous permettent, eux, de mieux visualiser la division toujours présente de la France d’aujourd’hui, et cela, même si elle évoque clairement un souhait de s’inscrire désormais dans une nouvelle distribution des forces et orientations politiques. Le président qui sera dans quelques jours au pouvoir ne sera à nouveau pas le choix de plus de 80 % des Français… Par conséquent, on le constate, cette majorité de « perdants » ne sera une nouvelle fois pas satisfaite.

La charge de ce nouvel élu, sans grand doute Emmanuel Macron, sera donc de créer cette mutation et réunir enfin la majorité de déçus dans un nouveau système politique pour tenter de faire avancer les choses et nous emmener cette fois-ci vers un vrai changement que l’on nous avait promis... Créer une mouvance transpartisanne qui sera à la fois de droite et de gauche et devra traiter objectivement les sujets de société et l’intérêt que nous devons collectivement y apporter afin d'offrir au peuple français la possibilité d’agir sur la cause profonde de ce que l’on souhaite modifier, et cela, grâce à des reformes modérées, laïques et démocrates.

Ce premier tour est ainsi parce que la droite est entrée dans le rang d’un homme qui n’a pas su, le jour où ses manquements ont été révélés, laisser sa place et a conduit à la perte son propre parti dans un combat autodestructeur. Il est ainsi parce qu’une primaire a mis en place à gauche un homme frondeur plébiscité par les partisans d’un parti en perdition après un mandat épouvantable de son chef, et qui a été ensuite affreusement décrié par d’amers perdants, déclenchant alors un inexorable suicide collectif. Si ces deux grands partis ne s’étaient pas infligés le coup de grâce en appuyant sur les désordres liés à un système politique d’un autre temps et à une utilisation nébuleuse des mandats qui leur ont été confiés, et que le peuple ne souhaite aujourd’hui plus, il est très probable que ces deux-là eussent été qualifiés encore une fois au second tour en distançant d’une courte tête les autres prétendants.

Nous sommes donc inexorablement à l’aube de ce qui peut être une nouvelle ère politique française. Pour cela Emmanuel Macron devra arriver à créer, et ce sera certainement le plus dur dans les prochaines étapes qui lui font face, une majorité législative. Celle-ci devra absolument pour mener à bien son projet être robuste, homogène et solidaire. Elle devra savoir dépasser ses racines idéologiques et pouvoir aller vers l’autre dans l’intérêt premier du peuple et non plus uniquement dans celui de ses propres partisans.

Il est temps de prendre en compte le fait que notre société n’est pas une société blanche ou noire, de gauche ou de droite, faite uniquement de croyants ou d’athées, de riches ou de pauvres... Nous sommes une diversité d’hommes et de femmes tous différents, avec une façon de voir, de vivre ou de subir la vie de façons différentes. Il n’y a pas une solution à un problème, mais des solutions, auxquelles nous devons trouver ensemble les bons compromis et les meilleures adaptations afin de les convertir en une réponse qui de toute évidence ne pourra pas satisfaire l’ensemble du peuple, mais devrait lui permette d’avancer sur le même chemin et vers un même objectif.

Caïn

mercredi 12 avril 2017

27 mois



Déjà 27 mois que je ne vous écris plus...
Déjà 27 mois à rien dire ou presque... 
Déjà 27 mois à penser pourtant...
Déjà 27 mois à analyser, à réfléchir, à observer...

Déjà 27 mois sans un temps pour poser ici le fond de mes idées, de mes réflexions, de mes réactions, de mes colères... 

C'est long 27 mois... Ce sont 820 jours, 19 680 heures, plus d'1 millions de minutes et des millions de secondes...

Je vais revenir bientôt...Promis



Caïn

mercredi 10 décembre 2014

L'utopie du changement


« L'utopie ne signifie pas l'irréalisable, mais l'irréalisé. L'utopie d'hier peut devenir la réalité. » Théodore Monod.

En France, on se questionne sur la suppression des notes à l'école pour une évaluation avec "bienveillance" pour nos enfants déprimés ainsi que sur la mise en « procédure exceptionnelle » du redoublement cachant un argument économique. En Finlande et dans 45 états Américains, on met fin à l'écriture cursive (en attachée) au profit de la seule écriture scripte afin de consacrer l'acquisition de l'expression écrite principalement au clavier d'ordinateur ou de tablette...



Des millions de coquilles Saint-Jacques péchées et décortiquées en Bretagne partent en Chine pour un nettoyage en règle avant de revenir se faire garnir en Bretagne pour une question de coûts avec des différences de salaires des ouvriers qui vont de 1 à 100. Au Vietnam, le « Panga », poisson d'élevage désormais de culture industrielle et intensive est nourri par des farines d'origines et de composition diverses et peu contrôlées (hormones, médicaments, déchets de poissons). Un nouveau poisson littéralement "lancé" sur le marché mondial, qui supporte une densité record, et qui grandit très vite, dans une eau à 28 degrés. Une industrie qui fait vivre des milliers de familles, mais qui est également très polluante et énergivore...

« La croyance que rien ne change provient soit d'une mauvaise vue, soit d'une mauvaise foi. La première se corrige, la seconde se combat. » Friedrich Nietzsche

Alors que l'épuisement au travail pèse pour plusieurs milliards d'euros en dépenses sur le régime général de la sécurité sociale, le burn-out pourrait bientôt être reconnu comme maladie professionnelle en France, avec des députés qui plaident pour qu'il soit à la charge de ceux qui en seraient responsables : les employeurs. Il s'agirait de faire basculer le financement sur la branche Accident du travail et maladies professionnelles financée par les cotisations patronales à 97 %. Ne pas résoudre, mais déplacer les problèmes...

Tout comme celle des plus pauvres, la population des riches ne cesse d'augmenter dans le monde avec 211.000 « ultras riches » qui détiennent 13 % de la richesse mondiale ou encore près de la moitié de cette richesse qui est détenue par 1% de la population. Un écart persistant qui est pourtant considéré comme le risque susceptible de provoquer les dégâts les plus graves dans le monde au cours de la prochaine décennie...

« Comme si tout grand progrès de l'humanité n'était pas dû à de l'utopie réalisée ! Comme si la réalité de demain ne devait pas être faite de l'utopie d'hier et d'aujourd'hui... » André Gide

Les principaux responsables politiques et au-delà de cela, la politique en elle-même, est sur une pente savonneuse, d'après le dernier baromètre de confiance près de 9 Français sur 10 n'ont pas confiance dans leurs dirigeants et 69 % des personnes interrogées estiment que la démocratie en France ne fonctionne pas très bien ou pas bien du tout. Une désillusion de la démocratie qui implique une montée de l'extrémisme religieux et l'adhésion toujours plus forte aux thèmes des politiques extrémistes: confiance ni en la gauche ni en la droite, trop d'immigrés en France ou encore pour le rétablissement de la peine de mort...

Dans le monde entier, les femmes subissent des violations de leurs droits, parce qu'elles sont femmes. Des femmes au sens biologique, mais surtout au sens social. Entre autres exemples en Inde, le code de la route ne s'applique pas aux femmes, en Afghanistan, elles ont l'interdiction de se maquiller, au Yémen, elles ne peuvent quitter la maison sans permission de leur mari, en Arabie Saoudite et aux Maldives les victimes de viols peuvent être inculpées pour « fornication » et dans l'Arkansas un mari a le droit de taper sa femme, mais seulement une fois par mois...

« Quand une multitude de petites gens dans une multitude de petits lieux changent une multitude de petites choses, ils peuvent changer la face du monde. » Erich Fried

À compter du 1er janvier 2015 à Paris, interdiction de faire du feu de bois et d'utiliser votre cheminée comme système de chauffage principale alors qu'il s'agit d'une énergie renouvelable dont on nous vante les mérites depuis bien des années et que les chaudières au fioul par exemple sont bien plus polluantes...

Imbroglio écologiste avec l'éradication du carburant Diesel alors que certains affirment que les moteurs essences consomment plus que les diesels et émettent plus de gaz à effet de serre ou d'autres que les véhicules à essence émettent trois fois moins d'oxydes d'azote. On pourrait aussi affirmer que grâce à la prolifération future et toujours hypothétique des voitures électriques cela engendrera le maintien des centrales nucléaires, voire l'augmentation de leur nombre en raison du besoin supplémentaire en énergie...

La planète qui monte en température et la banquise qui recule, avec une accélération notable des phénomènes climatiques au cours de la dernière décennie. Pourtant les reportages ou films apocalyptiques pullulent depuis pas mal d'années et les analyses des grands pontes mondiaux du climat nous alertent sans cesse. Ou comment passer de la fiction à la réalité en totale conscience du chaos à venir...

« La difficulté n'est pas de comprendre les idées nouvelles, mais d'échapper aux idées anciennes. » John Maynard Keynes


Voici un condensé des changements qui s'opèrent actuellement si l'on en croit les médias. Le changement est nécessaire, voir indispensable, non seulement pour la survie de l'humanité, mais aussi pour s'adapter aux nouvelles donnes économico-sociales mondiales. Mais pourquoi faire du rien un tout et du tout un rien... On nous dit tout et n'importe quoi... On ne sait plus qui croire ou comment faire pour croire encore en quelque chose.

Quand prendrons-nous conscience qu'il faudra bien un jour s'arrêter et poser sur la table les chiffres, les faits et les vérités ? Conscience que si on ne fait rien ou si on fait, mais en le faisant faussement, on file droit dans un mur. Conscience que l'humanité n'est pas sud et nord, blanche ou noire, gauche ou droite, croyants ou athées, riches ou pauvres, mais d'une diversité incommensurable de sociétés, de civilisations et de cultures. La fiction d'un monde uni pour sauver notre terre sera-t-elle enfin une réalité plutôt qu'une utopie cinématographique artificiellement rassurante.

« L'utopie est à l'horizon. Je fais deux pas en avant, elle s'éloigne de deux pas. Je fais dix pas de plus, elle s'éloigne de dix pas. Aussi loin que je puisse marcher, je ne l'attendrai jamais. À quoi sert l'utopie ? À cela : elle sert à avancer. » Alvaro Malaina


Caïn
Création et compilation d'articles du web

sources : www.lexpress.fr / www.europe1.fr / www.intellego.fr / www.actu-environnement.com / www.lefigaro.fr / www.20minutes.fr

mardi 10 juin 2014

Une pentecôte sans facebook


Aujourd'hui 4ème jour sans Facebook... 
96ème heure sans connexion au plus grand réseau social au monde... 
5 760 minutes sans liker, sans commenter, sans partager... 
345 600 secondes sans une seule publication sur mon mur... 
Je vais bien...

Vendredi soir, épris d'un ras-le-bol intérieur à la surinformation inutile, à un trop-plein de données sans réels intérêts, à une lassitude de connaître mieux la vie des autres que celle de ma propre famille, je décide de faire une pause, stop ! Sur mon iPhone, j'ai carrément prix mon courage à un doigt et j'ai fait glisser vers la droite l'écran d'accueil pour le déverrouiller puis, sans hésiter une seconde, après un appui long sur l'icône de l'appli bleue et « f » blanc, je tapote sur la petite croix en haut à gauche du pictogramme tremblant et moribond qui s'efface alors faussement de mon smartphone... De suite, une sensation d'inoccupé m'envahit, un arrêt brutal de la connexion, un fil coupé avec mon petit monde virtuel. Un trou noir dans mon téléphone. Vais-je bien...

Le temps passe, je m'occupe comme je peux, préparation du repas pour les petits, je gère le linge, je nettoie rapidement la cuisine. Rolland Garros à la télévision m'aide à me changer les idées, je prends mon whisky coke quotidien et allume ma seizième cigarette de la journée. D'un coup, sans prévenir, à peine installé dans mon canapé, ça arrive... J'ai envie sans m'en rendre compte de prendre mon portable et d'y aller, cliquer machinalement sur l'endroit où l'icône se trouvait il y a peu et voir si un petit nombre m'indique de nouvelles notifications: si quelque chose a bougé, si quelqu'un a fait, dit ou partagé sur le réseau ; savoir si moi, qui ne fais rien, je le fais comme les autres ou si eux, font ce que je ne fais pas. Je me rends compte qu'une autre addiction latente, fourbe et presque invisible, est bel et bien présente en moi. Je ne suis pas bien...

Ce n'est pourtant pas la première fois que je reste quelque temps sans y aller... En vacances, j'avais déjà plusieurs fois passé pas mal de temps sans aucune connexion. Évidemment pas au dernier été car la 3G passait bien et alors que nous partagions, à plusieurs familles, une villa dans le Sud de la France, chacun dans notre coin nous publiions des photos et vidéos de conneries faites près de la piscine. Nous montrions au monde que nous passions de bons moments et nous voulions être les seuls à la faire ou du moins, à le faire aussi bien. Des idioties que chacun d'en nous likions puis partagions sur les comptes des uns et des autres en les commentant alors que nous nous trouvions pourtant au même endroit au même moment, prenant part au même événement. Allions-nous bien...

Il est tard, je décide d'aller me coucher et de lire un peu sur cet ancêtre qu'est devenu le livre papier. Je sens sur le bout de mes doigts non pas la froideur de la surface lisse et graisseuse de mon écran de téléphone, mais la chaleur et la texture tellement réelle du papier. Les pages défilent et l’image de celles-ci me donne comme à chaque fois l'impression d'avancer, d'aller quelque part, de cheminer dans l'espoir. Je ne suis pas perdu dans une masse d'informations, mais conduit dans un récit, tout en me laissant le libre choix de l'adapter à ma propre représentation. Je ne suis pas dirigé, mais transporté ; sans doute que le livre m'a aidé à me rendre compte de tout ce qui m'arrivait. Pas de pages de publicités orientées selon mes dernières navigations sur le web - pour me vendre un produit que je viens justement d'acheter - discrètement imposées au coin de mon champ de vision. Pas d'invitation à un jeu débile et gratuit tout autant addictif. Pas d'événements annoncés où ne verra pas la moitié de ceux qui se seront pourtant avisés d’un « participe à ». Des caractères simples, noirs, qui me parlent et qui petit à petit me racontent quelque chose. Je découvre une histoire, je la vis et j'entre en elle grâce à ma personnalité. Je vais bien...

Je me réveille tôt et enfilant un café, de suite, le réflexe de désactiver le mode avion sur mon mobile et, comme souvent, d'aller jeter un œil sur le réseau pour voir un peu ce qui s'est passé pendant mon absence, aurais-je loupé quelque chose. Toujours ces mêmes nombres dans leurs ronds rouges qui apparaîtraient et m'apporteraient, on me le fait croire, la satisfaction de faire partie de quelque chose. Impossible l'application n'est plus là, j'avais oublié... Je déjeune tranquillement, mais il persiste encore ce manque... La journée passe étonnement vite, je profite de mes enfants, de ma femme, du temps qui s'écoule dans la vraie vie. Nous partons faire une longue balade à vélo en famille pendant plusieurs heures. Je me rends compte que je n'ai pas emporté mon téléphone. Je vais bien...

Pendant tout le reste du weekend pas de nouvelles de mes « amis ». Il fait beau alors j'imagine des publications de certains en train de danser dans une soirée à 9 heures du matin. D'autres devant un barbuc se prenant en selfi un verre de rosé à la main à 23h. Une connaissance publiera dimanche un post à 19h13 sur la victoire de Nadal à Rolland Garros, victoire qu'il s'attribuera en se congratulant grâce à ses origines espagnoles alors qu'il n'a plus touché une raquette depuis dix ans. Un autre, encore, partagera lundi matin un article relatif aux gros orages qui se seront abattus dans sa région et un de ses contacts commentera à l'aide d'une photo prise dans son jardin avec son smartphone où deux gros grêlons bien à lui seront postés fièrement pour montrer qu’il participe lui aussi. Il n’y aura rien sur la Syrie et la dizaine de nouveaux enfants massacrés devant leurs parents dans un village au sud d'Alep. Rien sur le seuil d'information pour cause de pollution à l'ozone qui a été dépassé pour la première fois depuis le début de l'année, dans les Alpes-Maritimes. Rien sur la journée de l’Europe du 9 mai totalement oubliée alors que son peuple vient de voter pour une montée des partis nationalistes jamais connue jusqu'alors. Heureusement, une vidéo sur l'avion totalement immobile de l'équipe de France de Football sur le tarmac de l'aéroport de Lille en route pour le Brésil, avec l'analyse d'un spécialiste en nutrition sur la façon dont les joueurs devront se comporter pendant le voyage pour éviter le jetlag et sur la météo qu'ils auront pendant le trajet, sera aimée plus de 25 252 fois, partagée plus de 8 408 fois. Un document édifiant qui m’apportera une manne d'informations essentielles sur la société qui m'entoure... Allons-nous bien...

La nuit tombe et je me rends compte de tous ces bons moments vécus depuis trois jours avec ma famille. Je me dis que j'ai sans doute passé l'un des meilleurs weekends depuis des mois. Face à moi-même et avec les miens, toujours présent au lieu de perdre mon temps, si court soit-il, à savoir ce que les autres ont fait et tout en ayant l'impression de savoir ce que moi, j'ai accompli. Rien de spécial pourtant, aucun événement notable ou d'invités, ne partageant plus de l'information mais du vécu. Commentant une remarque de ma belle-fille sur la souplesse de ses cheveux, aimant un sourire attendri de mon petit dernier au moment de son coucher, appréciant le temps que mon grand avait su prendre avec nous plutôt que de rester scotcher devant son pc - reproche que je me permettais de lui faire - admirant la beauté de ma femme en train de s'allonger prêt de moi. Je vais très bien...

Après ce long pont, j'arrive au bureau de bon matin. J’allume comme d'habitude mon ordinateur et clique direct sur Outlook pour recevoir les mêmes messages que j'avais déjà réceptionnés sur mon mobile pendant le weekend et dont certains m'informaient de l'activité fleurissante et non consultée sur mon compte Facebook. Je lance Google pour contempler les comptes de ma société mais sur la page d'accueil, à côté du logo de ma banque j'aperçois dans la barre des raccourcis encore ce « f » blanc engoncé dans un carré fond bleu trop petit avec juste à côté « Bienvenue sur Face... ». Comme un automate, je dirige la souris vers celui-ci pour cliquer dessus ! Je m'arrête juste avant, je me dis que grâce à l'éternel clic droit, je vais supprimer de ma vue ce favori et ne pas être tenté d'aller voir d’un coup tout l'historique d'un long weekend ensoleillé sans aucun doute empli de nombreuses nouvelles et mettre ainsi à mal tous les efforts réalisés depuis 4 jours. Je ne fais rien, je le laisse là face à moi comme un défi à mon addiction, une empreinte de ma volonté à lutter contre lui, une victoire sur Mark Zuckerberg. Je suis bien...

En fait, nul besoin d'être aussi tranché, à l'instar de l’orientation dissimulée imposée par ce réseau, pourquoi ne pas plutôt l'utiliser à mon tour et pouvoir bientôt, dans quelques jours lorsque je serai guéri, profiter de ce que je souhaite obtenir de lui. L'utiliser comme ma télévision ou ma radio que j'allume et j'éteins au gré de ma volonté et de mes choix et non celui du fantôme télévisuel passéiste qui laisse en permanence allumé son écran, pour lui aussi avoir l'impression de faire partie de quelque chose. Pourquoi ne pas, après un sevrage nécessaire au vue des difficultés rencontrées pendant ces quelques heures, profiter du partage d'informations, si futiles, soient-elles. Lire ce qui me semble intéressant d'être lu, partager ce qui me semble bon d'être partagé, et cela, même si la plupart de ceux qui auront cliqué sur j'aime auront oublié une heure après pourquoi il l’avait fait. Pourquoi ne pas de temps à autre me balader et analyser ce que je vois en prenant le recul nécessaire à la notion superficielle et mercantile de ces réseaux, qu'il est, j'en suis sûr, possible d'utiliser plutôt que d'être utilisés. Dire par moment que je suis simplement bien et partager moi aussi de l'insignifiant. Puis parfois, exprimer mes convictions et opinions avec ce formidable outil de partage au risque de les perdre dans les millions de données par seconde qu’il engloutit. Ne plus être dépendant, mais émancipé. Ne pas sous-estimer son addiction et se rendre simplement compte que, même si beaucoup d'entre nous ne le voient pas, les réseaux sociaux sont une drogue dont il faut se protéger. Je vais bien...

Je vais publier cet article sur mon blog ce soir là où il me semble que moi seul décide de ce que je peux y mettre et de ce que l'on peut y voir. Pas de publicité selon mon souhait, pas d'informations des autres selon mon souhait. Juste moi et mes pensées échangées bien souvent sans effet. En dessous de mon article j'y apercevrais l'inévitable logo et sans doute que je cliquerai dessus pour partager mon article sur le mur de mon compte Facebook associé. Je ne saurai rien de l'effet qu'il aura sur vous. Si vous le likerez, si vous le commenterez, si vous le partagerez. Je ne sais pas ce qu'il adviendra de lui sur le réseau, car je n'irai pas le voir. Alors je serais bien. Combien de temps?

Caïn
Article inspiré de faits réels.

mardi 20 mai 2014

Vital patron robot



Cela a tout d’un début de film de science-fiction, ce moment où tout va encore pour le mieux entre l’homme et les machines…

A Hong Kong, Deep Knowledge Venture, une société spécialisée dans la gestion des dons à haut risque, impliquée dans des sociétés privées et publiques des secteurs de la lutte contre le cancer, de la médecine régénérative et des traitements personnalisés, a nommé le 13 mai 2014 dans son conseil d’administration un robot appelé Vital (Validating Investment Tool for Advancing Life Sciences - outil de validation pour les investissements dans la recherche scientifique). Il en sera son sixième membre...

En réalité Vital est un un algorithme qui siégera donc aux côtés d'êtres en costume, vivant et surement diplômés d'universités prestigieuses. Même si Vital n’assistera pas littéralement aux reunions, il n’y aura plus de décision prise sans avoir reçu son opinion sur les résultats de ses recherches, qui sera aussi importante que l'avis d'un autre membre du CA.

La mission de Vital, sera donc d'analyser les résultats prévisionnels, les premiers tests de médicaments, la disponibilité des brevets et les levées de fonds précédentes des sociétés dans lesquelles DKV envisage d'investir.

Sorte de robot incorruptible qui vante une fiabilité extrêmement élevée, depuis qu'il a commencé à être testé, Vital a pourtant déjà approuvé deux investissements, qui se sont trouvés, à chaque fois, très proche de lui : Une entreprise qui développe des méthodes de recherche assistée par ordinateur dans le domaine de la lutte contre les effets du vieillissement et une autre qui a créé une plateforme logicielle capable de choisir et d'évaluer des traitements personnalisés contre le cancer...

Après quelques jours seulement, la société affirme que grâce au sixième membre du conseil d'administration, les perspectives offertes pour la gestion de portefeuille sont immenses. Le logiciel permet d'accélérer les vérifications lors d'une transaction et de voir des corrélations qui ne sautent pas forcément aux yeux des humains. Il n'est pas encore de la véritable intelligence artificielle, mais on s'en rapproche. Il prend ses décisions de façon totalement indépendante.

Caïn
Compilation d'articles

Sources : www.huffingtonpost.fr / www.lefigaro.fr / www.20minutes.fr